Quelque 180 citoyens inquiets se sont rassemblés à l'Hôtel de Ville de Saint-Gabriel-de-Brandon afin d'assister à une conférence publique portant sur les gaz de schiste. L'événement, organisé par Les Amis de l’environnement de Brandon (AEB), s'est tenu le 5 février. La présentation de cette problématique a été offerte par le biophysicien Marc Brullemans, chercheur et coordonnateur du comité gaz de schiste de la Mauricie.
«Depuis 2010, nous savons que cette réalité cause des problèmes sur la Rive-Sud, et que des forages débutent sur notre rive du fleuve. Les compagnies gazières et pétrolières ont beaucoup de droits sur notre sous-sol, ce qui peut affecter tant notre droit à la propriété, que la qualité de notre nappe phréatique, les terres agricoles et l'eau de surface», précise Odette Sarrazin de AEB. Elle ajoute: «Nous sommes peu organisés pour faire face à cette éventualité, et la conférence d'aujourd'hui représente une mesure préventive d'action citoyenne, et fait suite à la pétition demandant un moratoire que nous avons fait circuler à la fin de 2010.» Environ 500 signatures avaient d'ailleurs été récoltées à cet effet, et la pétition a été déposée en janvier 2011 à l'Assemblée nationale.
Lors de la conférence, après un bref historique de cette industrie au Québec, M. Brullemans a expliqué que les raisons qui poussent les différentes compagnies gazières à développer les gaz se schiste sont d’abord économiques: un « claim » payé à l’origine 0.10 $ l’hectare pourrait rapporter jusqu'à 1.7 M$ aux gazières. Mais les problèmes environnementaux associés à cette industrie sont nombreux et mieux documentés, dont fuites de gaz, contamination de l’eau potable, pollution par le bruit et destruction de terres agricoles, entre autres.
M. Brullemans a aussi démontré que l’usage incontrôlé des énergies fossiles est à l’origine des changements climatiques et que des énergies durables comme le solaire photovoltaïque pourraient remplacer le charbon, le pétrole et le gaz. Par ailleurs, le scientifique déplore le manque de transparence de la part des ministères et des compagnies exploitantes, généralement albertaines et américaines, invitant la population à s'informer plus avant de la réalité de cet enjeu. De plus, selon M. Brullemans, le secteur Brandon serait de peu d'intérêt pour ces compagnies, étant trop près du Bouclier canadien dont le roc précambrien aurait évacué naturellement les gaz fossiles. Plus on se rapproche de la rive fluviale, plus la pertinence d'exploration augmente, pouvant affecter, entre autres, la MRC de Joliette. Par contre, les ressources d'eau et de sable du nord de D'Autray pourraient éventuellement servir à des fins de fracturation hydraulique.
Dans l'assistance, plusieurs représentants d'organismes environnementaux, d'élus municipaux et régionaux se sont mêlés à la foule, d'où fusaient de nombreuses questions. Un comité de vigilance, déjà formé de six personnes, est en voie de développement dans Lanaudière afin de renseigner et de mobiliser les propriétaires dont les terres font l’objet de « claim » de la part de compagnies gazières.
